OGM : retour en Europe avec
la pomme de terre Amflora
Sophie Bartczak
 
 
Tollé chez les écologistes :
 
le 2 mars 2010 la nouvelle Commission Européenne autorise la culture et la commercialisation de la pomme de terre transgénique Amflora. Cette pomme de terre mise au point par la firme BASF est destinée à l’industrie et à l’alimentation animale.
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José Bové, élu d’Europe Ecologie au Parlement européen, dénonce cette décision contraire à une directive européenne de 2004.

Celle-ci prévoie l’élimination de marqueurs de résistance aux antibiotiques afin d’éviter l’éventuelle émergence de bactéries résistantes.
Or, la pomme de terre Amflora contient justement un tel gène : s’il passait dans le patrimoine génétique d’un animal ou d’un humain, celui-ci ne serait plus sensible aux antibiotiques.

Même si la demande d’autorisation pour la culture de cette pomme de terre porte sur des fins industrielles, le groupe BASF admet ne pas pouvoir exclure que cette pomme de terre génétiquement modifiée se retrouve dans l’alimentation.
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a souligné que des traces de tels organismes génétiquement modifiés utilisés dans l’alimentation animale pouvaient se retrouver “dans la viande ou le lait” à l’insu des consommateurs.

Par ailleurs, la Commission Barroso, qui a tranché en dernier ressort à Bruxelles, appuie son choix sur les avis de l’*Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA)* dont l’indépendance est fortement remise en cause avec l’embauche de son ancienne présidente par un gros acteur des OGM.

Il est vrai que d’énormes intérêts financiers sont en jeu.

BASF estime entre 30 et 40 millions d’euros par an les revenus dégagés par Amflora.
L’Allemagne, la Suède, la République tchèque et les Pays-Bas devraient commencer à cultiver cet OGM au printemps tandis que l’Italie et l’Autriche ont l’intention d’interdire sa culture.
L’Autriche est d’ailleurs le premier pays européen à avoir commandité une étude scientifique sur les effets à long terme de la consommation de maïs transgénique.
Cette étude, réalisée sur des souris et publiée en décembre 2008 a conclut notamment à une diminution de la fertilité des femelles surtout après quatre générations et à des modifications notables sur les reins, le foie, le pancréas et la rate.

Le gouvernement français a décidé de saisir le haut conseil des biotechnologies (HCB),

avant de se prononcer afin d’étudier “la présence dans cette pomme de terre d’un gène marqueur de résistance à un antibiotique”.
Cependant, Corinne Lepage, vice-présidente de la commission Environnement du Parlement, émets des doutes sur l’indépendance du HCB indiquant qu’il est composé à 90% de pro-OGM déclarés.

L’organisation Greenpeace France appelle la France à déclencher la “clause de sauvegarde”.

L’organisation dénonce “un risque inacceptable pour la santé humaine et animale et l’environnement.”
Disséminer des OGM de la pomme de terre BASF dans l’environnement pourrait augmenter la résistance de certaines bactéries à des médicaments, comme des traitements contre la tuberculose
, estime-t-elle.
Greenpeace souhaite que la France s’y oppose en activant la clause de sauvegarde prévue dans la réglementation européenne pour protéger son environnement et la santé de ses citoyens.
La question des cultures OGM en plein champ va se poser à plusieurs reprises cette année. Plus de 50 plantes transgéniques sont en attente d’autorisation en 2010.

Grave risque de santé selon l’AAEM (American Academy of Environmental Medicine).

L’AAEM a publié un moratoire sur la nourriture génétiquement modifiée celle-ci posant un grave risque de santé.
L’AAEM s’appuie notamment sur plusieurs études sur des animaux indiquant des risques d’infertilité, de problèmes immunitaires, de vieillissement accéléré, de dérèglement des gènes dans la synthèse du cholestérol, la régulation de l’insuline, la formation de protéines, des altérations du foie, des reins, de la rate et du système gastro-intestinal.

Consommez-vous des OGM sans le savoir ?

Actuellement, les OGM ne sont pas autorisés en tant que tels comme denrée alimentaire en Europe, sauf le maïs doux qui doit alors être étiqueté OGM.
En revanche, de nombreux produits contiennent des dérivés d’OGM ou des sous-produits d’*animaux nourris avec des OGM*.
On peut trouver des dérivés dans des préparations alimentaires contenant du soja, du maïs ou du colza : lécithine de soja, huile de colza, farine de maïs dans le pain, les biscuits apéritifs, chips de maïs salées, pétales de maïs, barres de céréales, semoules de maïs dans les biscuits apéritifs, la bière, les céréales de petit déjeuner, les amidons de maïs et liants amylacés dans les plats cuisinés, les sauces, la charcuterie, les crèmes desserts, les potages, les petits pots pour bébés, les pâtisseries, les dérivés de l’amidon de maïs comme le sirop de glucose, le dextrose, les maltodextrines…
Enfin, nous retrouvons aussi dans notre alimentation des produits animaux (viande, poisson) nourris aux OGM ainsi que leurs sous-produits (lait, oeuf) mais ceux-ci ne sont pas étiquetés.
Vous pouvez trouver la liste des produits avec ou sans OGM auprès d’associations ou organisations comme Greenpeace qui édite le Guide des produits avec ou sans OGM.

Sources
Alimentation, Environnement, O.G.M., Politique, Sante, Actu-Environnement.com, Corinne Lepage, 13 juin2009
L’innocuité de la pomme de terre transgénique mise en cause, Le Monde, 3 mars 2010