Olivier Nasti, l’Alsace chevillée au coeur

Un regard sur les cartes géographiques des guides gastronomiques suffit pour comprendre que l’Alsace est une terre de gourmandise. Le nombre de belles tables au m2 est hallucinant. Et même si cette région voit quelques grands chefs se retirer au fil des années, une nouvelle génération prend le relais. L’un se démarque plus particulièrement : Olivier Nasti.

Par Philippe Toinard

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TRADITION ET MODERNITE
Prenez de la hauteur, nichez-vous au cœur des centaines d’hectares de vignes qui entourent un village de carte postale. En bas, dans le vallon, traversé par une petite rivière, Kaysersberg, des maisons colorées à colombages, des géraniums aux fenêtres, des rues pavées où les quelques voitures autorisées se faufilent. L’Alsace dans toute sa splendeur, comme nous pourrions la dessiner. C’est ici qu’Olivier Nasti distille ses gourmandises aux quatre coins de la ville. Dans sa winstub au mobilier de bois clair et à l’ambiance carreaux rouge et blanc. Sans prétention, on y partage une cuisine traditionnelle accompagnée de jolis crus de Riesling ou de Sylvaner. De l’autre côté de la rue, Flamme & Co, un établissement qui dénote dans le paysage mais qui prouve que tradition et modernité peuvent se croiser sans se toiser. Dans une ambiance lounge, les gourmands viennent se régaler de tartes flambées revues et corrigées façon 21e siècle. Si la classique, lardons et oignons, est bien présente, elle semble perdue au milieu de la dizaine de propositions toutes aussi décalées les unes que les autres : foie gras, girolles, tombée d’épinards et noisettes ou saumon, dés de saumon, graines de courge torréfiées et potiron.
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MEILLEUR OUVRIER DE FRANCE

A deux pas, un nouvel arrêt gourmand signé Olivier Nasti est nécessaire, la pâtisserie Kouglof. Là encore, avec ses équipes, l’idée était de revisiter un classique incontournable de l’Alsace. Dans cette pâtisserie – salon de thé, yeux et papilles ne savent plus où donner de la tête entre les propositions salées au Comté ou sucrées au chocolat ou aux fraises Tagada. Et enfin, le Chambard, la tête de pont gastronomique de l’univers d’Olivier Nasti. Ici aussi, ce Meilleur Ouvrier de France 2007 s’inspire du passé et des traditions de la cuisine Alsacienne pour créer des assiettes parfaitement dans leur époque où les produits de la région, escargots, truite, safran, écrevisses, foie gras…côtoient l’agneau des Pyrénées, l’oignon des Cévennes et les langoustines de Bretagne.

Le Chambard.
9-13, rue du Général de Gaulle.
68240 Kaysersberg.
Tel. : 03.89.47.10.17.
www.lechambard.fr.
Menus : 53,50-75-92 €.

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A lire sans modération

Préfacé par Marc Haeberlin de l’Auberge de l’Ill et Jean-Georges Klein de l’Arnsbourg, Mon Alsace n’est pas un livre de cuisine comme les autres. Certes Olivier Nasti dévoile quelques recettes qui font son succès mais le fond de cet ouvrage est de le suivre dans cette région qu’il affectionne. On le retrouve auprès des vignerons qu’il soutient, à la cueillette des champignons, dans une ferme hélicicole (élevage d’escargots) ou à Sigolsheim chez Clarisse qui produit des asperges. Dans Mon Alsace, Olivier Nasti rend hommage à ceux qui l’entourent et qui participent à son succès.
Editions Menu Fretin. 36 €.

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